On parle d’intolérance alimentaire quand un aliment provoque une réaction inhabituelle du tube digestif au moment où il entre en contact avec celui-ci. La paroi digestive est comme “agressée” par l’aliment, ce qui entraine une irritation ou inflammation de celle-ci et du coup, des symptômes.

Les intolérances alimentaires sont parfois plus difficiles à déceler que les allergies alimentaires. En cas d’allergie, la réaction est immédiate et ce même lors d’un contact avec une très faible quantité d’aliment. En cas d’intolérance alimentaire, il faut une quantité plus importante pour créer un symptôme, qui ne se déclenche pas toujours immédiatement mais quelques heures, voire jours après l’ingestion de l’aliment et sur un mode moins intense et plus aléatoire que pour une allergie.

Quels sont les symptômes d'une intolérance alimentaire ?

Les symptômes d’une intolérance alimentaire peuvent être très divers. Douleurs abdominales, constipation, diarrhée, ballonnements, gaz… ; la plupart du temps les symptômes sont d’ordre digestif. Cependant, l’inflammation liée à l’altération de la paroi digestive par l’aliment peut entrainer d’autres symptômes comme des maux de tête, des éruptions cutanées, de l’eczéma, des douleurs articulaires, de la fatigue… Il n’est donc pas évident de faire le lien entre un symptôme et un aliment.

Parfois le temps de cicatriser de l’inflammation n’est pas suffisamment long que l’intestin est déjà de nouveau en contact avec l’aliment inflammatoire et on entre dans un cercle vicieux. Car, plus la paroi digestive est exposée à des aliments inflammatoires, plus elle se fragilise, devient perméable, hypersensible et hyper-réactive. Certaines personnes en viennent à dire qu’elles ne savent plus quoi manger et que « tout » leur fait mal.

 Quelles sont les causes des intolérances alimentaires ? 

Le terrain génétique (présence ou absence de certains gènes), le manque de sécrétion d’enzymes de digestion, l’altération de la paroi digestive (par le stress, la « junk-food », les excès alimentaires, les infections…) sont autant de facteurs à l’origine des intolérances alimentaires.

La question du lactose

Pour ce qui est du lactose (que l’on retrouve dans la plupart des laits animaux, en quantité différente en fonction de l’animal et du procédé de fabrication du produit), c’est un problème de production de la lactase ; l’enzyme qui le dégrade en sucre. En vieillissant, on perd l’activité de cette lactase, ce qui explique que certains adultes qui digéraient parfaitement le lactose plus jeune commencent à ne plus le tolérer en vieillissant.

La question du gluten

Pour ce qui est du gluten, il faut différencier l’intolérance réelle au gluten appelée maladie cœliaque (1% de la population mais totalement sous-diagnostiquée) et la sensibilité accrue au gluten appelée profil cœliaque (56% de la population). Les quatre céréales qui contiennent majoritairement du gluten sont le seigle, l’avoine, le blé et l’orge.

L’hypersensibilité au gluten viendrait possiblement aussi des modes de production actuels des céréales contenant du gluten ; de leur qualité, à laquelle notre microbiote n’est pas encore adapté et qu’il a du mal à digérer.

Comment dépister les intolérances alimentaires ?  

En dehors des intolérances au lactose et au gluten qui ont des techniques diagnostiques bien spécifiques et validées scientifiquement (test à l’hydrogène et dosage des IgA anti-transglutaminase), les intolérances aux autres aliments ne font pas encore l’objet d’un dépistage fiable à 100%.

Certains laboratoires d’analyses médicales proposent des bilans d’intolérances alimentaires où sont dosées des immunoglobulines (IgG) : protéines sécrétées par le microbiote et la paroi intestinale quand celle-ci est en contact avec un aliment.

 

Les IgG peuvent être élevées en cas d’intolérance alimentaire réelle mais aussi si la paroi digestive est inflammatoire ou si l’aliment en question est consommé en trop grande quantité. Il faut pouvoir faire le tri et interpréter les résultats à l’aide d’une enquête alimentaire précise pour savoir dans quelle situation on se trouve.

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Quoi faire face à une intolérance alimentaire ? 

Il est préconisé de tenir un journal alimentaire sur plusieurs semaines afin d’essayer d’identifier le ou les aliments au(x)quel(s) on pourrait être intolérant, notant le(s) symptôme(s) apparaissant à la suite des repas.

On conseille aussi de faire une éviction alimentaire des aliments les plus souvent incriminés à savoir le lactose, le gluten, les œufs, les levures et les sucres rapides et de noter si amélioration il y a ou pas au bout de 4 semaines minimum d’éviction.

Pendant ce temps-là on peut mettre en place un processus de cicatrisation de la paroi digestive à base par exemple de glutamine, de pré/probiotiques et d’oméga 3.

Au bout de 6 semaines environ, on peut commencer une réintroduction progressive des aliments évités. Ils seront réintroduits un par un, en quantité au départ minime, jusqu’à trouver le seuil de tolérance individuelle, propre à chacun.

Pour le gluten, chez les patients atteints de la maladie cœliaque, il est nécessaire de faire une éviction totale à vie. Chez les patients ayant un profil cœliaque, il est possible de réintroduire des farines ayant une faible teneur en gluten comme le petit épeautre, l’épeautre ou le kamut, et en favorisant des process de fermentation lente à base de levains naturels plutôt que de levures chimiques.

Pour le lactose, on peut prendre de la lactase, l’enzyme spécifique de la digestion du lactose au moment des repas composés de lactose, afin d’améliorer sa tolérance. On priorisera lors de la réintroduction progressive les aliments ayant une teneur faible en lactose (fromages affinés, vieillis, préférant la chèvre et la brebis plutôt que la vache).

Comment prévenir l’apparition d’une intolérance alimentaire ?

Augmenter la mastication avant la déglutition, prendre le temps de manger, diversifier son alimentation en diminuant les protéines animales et en augmentant les végétaux, ainsi que diminuer la consommation de produits transformés, contenant des additifs, édulcorants…, limiter son stress, pratiquer une activité physique régulière sont des points essentiels pour protéger la paroi digestive de potentielles réactions d’intolérances.

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