Lorsque l’on parle d’endométriose, difficile de passer à côté de sa composante inflammatoire. Sans être la seule à incriminer, elle est une des principales responsables de nombreuses douleurs ressenties par les Femmes atteintes.

Pour pallier ce problème, notre pharmacopée actuelle regorge de pléthores d’anti-inflammatoires (comme le si – trop ? – célèbre antadys !). Mais d’autres solutions existent, notamment en naturopathie !

Nous vous proposons d’en découvrir quelques-unes dans cet article…

Qu'est-ce que l'inflammation ?

Une protection de notre système immunitaire  

Même si nous avons tendance à parfois un peu trop la diaboliser, l’inflammation est avant tout une réponse biologique de notre corps qui, grâce au soutien de notre système immunitaire, vise à nous protéger d’une agression. Les facteurs qui peuvent la déclencher sont diverses : blessure, infection, allergie, facteurs de stress, etc. Elle n’est donc pas un ennemi à abattre à tout prix et fait partie de l’arsenal qui vise à nous maintenir en vie !

Une réaction en plusieurs phases  

La réponse inflammatoire se déroule en plusieurs phases, que nous pouvons résumer ainsi :

  1. Une première étape va orchestrer la neutralisation de l’envahisseur : grâce aux cellules présentes dans les tissus et qui vont sécréter des substances pro-inflammatoires telles que les prostaglandines, les leucotriènes, l’histamine, les cytokines TNF-a ou bien les interleukines 1b et 6.
  2. Une seconde va permettre de retrouver la paix au sein de notre royaume : grâce à des médiateurs de la résolution de l’inflammation tels que les lipoxines, les résolvines, les protectines et les marésines. Même si nous avons longtemps cru que ce phénomène était passif, des chercheurs d’Harvard semblent avoir prouvé l’inverse (soooo : we’ve got the power !).

Quand le sauveur devient persécuteur

L’inflammation, lorsqu’elle est adaptée, locale et aigüe est protectrice. Néanmoins, lorsqu’elle commence à être inadaptée, générale et chronique, elle devient alors agressive pour le corps. Dans le cas de l’endométriose, le processus inflammatoire a tendance à se dérégler pour plusieurs raisons. Nous n’aurons pas le temps de toutes les parcourir au sein de cet article, mais la principale est la suivante : les tissus endométriaux, en allant se loger dans des endroits où ils n’ont jamais été invités, déclenchent le réveil de nos chevaliers protecteurs. Et tant que ces tissus squatteront, ils ne cesseront de les combattre ! Parfois au détriment des ressources que peut leur allouer le royaume (notre corps, vous suivez ?). Bref, de quoi faire un léger burn-out à long terme…

LUNA vous aide :

La fonctionnalité Pilulier de LUNA vous permet d’enregistrer vos prescriptions de médicaments (traitements hormonaux, antalgiques, autres…) et de programmer des notifications à l’heure où vous souhaitez effectuer la prise de celui-ci. LUNA enregistre ces informations afin de vous permettre de suivre l’évolution de votre qualité de vie, et de vos douleurs, liée à vos traitements en temps réel, et aussi… de ne plus jamais oublier de prendre votre traitement 😊

Comment soulager l'inflammation grâce à la Naturopathie ?

Maintenant que vous en savez un peu plus sur ce qui se cache derrière l’inflammation, je vous partage une nouvelle qui devrez-vous ravir (et surement celle qui vous a amené à lire cet article) : il est tout à fait possible d’agir sur l’inflammation !

Pour cela, plusieurs stratégies : réduire la prédisposition inflammatoire, moduler la réaction et favoriser la résolution. Pour travailler sur chacun de ces axes, la naturopathie propose moultes outils. Je vous propose d’en découvrir quelques-uns ci-dessous.

L’alimentation et la micronutrition   

Si vous êtes atteinte d’endométriose, vous n’avez pas pu passer à côté de cette recommandation : adoptez une alimentation anti-inflammatoire. Si vous voulez en savoir plus à son sujet, je vous recommande d’aller parcourir l’article que j’ai rédigé ici. Pour résumer : ce qui est inflammatoire pour votre amie / sœur / collègue, etc. ne le sera pas forcément pour vous. Certains aliments sont indéfendables (type certains sucres et les aliments ultra-transformés) ; pour les autres il convient de mettre un peu d’eau dans son vin (nature !) et notamment revenir à ses sensations…

Aussi, parmi les micronutriments (vitamines et minéraux), certains vont pouvoir avoir une action directe ou indirecte sur l’inflammation, notamment :

  • Les vitamines A, C et E : antioxydantes, elles vont pouvoir agir sur une des conséquences de l’inflammation, le stress oxydatif. Ce dernier va en plus avoir pour effet d’entretenir l’état inflammatoire, c’est pourquoi il n’est pas à négliger !
  • La vitamine D : de par ses effets immunomodulateur et anti-inflammatoires, elle permet de venir soutenir le système immunitaire dans ses combats quotidiens.
  • Les omégas 3 : vous vous souvenez des médiateurs de la résolution de l’inflammation ? Et bien nombreux d’entre eux sont des dérivés de ces acides gras.
  • Le palmitoyléthanolamide (PEA) : il agirait sur la régulation de l’inflammation mais aussi la réparation tissulaire et la perception de la douleur.
  • Le zinc : un déficit en zinc affecterait la réponse immunitaire. A contrario, des bons apports en zinc auraient une action antioxydante sur l’organisme.
  • Le sélénium : lui aussi participe au bon fonctionnement de nos boucliers protecteurs. Psst : avec une noix du Brésil par jour, vos apports en sélénium sont garantis.

Chacun de ces micronutriments peut être trouvé dans l’alimentation, mais dans le cas d’une inflammation chronique, une complémentation est souvent nécessaire. C’est là que la nutraceutique peut vous aider : Ils existent de nombreux laboratoires / sociétés qui proposent des compléments différents, à des dosages, des prix et des qualités qui varient énormément. Un naturopathe qui s’intéresse un peu à ce sujet pourra vous aider à choisir le(s) plus adapté(s), en fonction de votre situation.

Aussi, certaines molécules contenues dans l’alimentation, telles que les polyphénols que l’on retrouve notamment dans certains fruits et le thé, les OPC (Oligo-Proanthocyanidines) du raisin, les caroténoïdes des légumes verts, etc. vont aussi agir sur l’inflammation et ses conséquences. Mangez donc colorés et de préférence cru afin de garder tous les bienfaits de vos aliments dans votre assiette !

L’usage des végétaux

Dans l’immense mallette que met à notre disposition la nature, nombreux sont les végétaux qui peuvent aider à réguler et atténuer l’inflammation. Parmi les plus efficaces, on retrouve notamment le curcuma, dont l’effet anti-inflammatoire provient notamment de la curcumine qu’il contient. Attention néanmoins : soupoudrer vos plats ou aromatiser votre latte au curcuma ne suffira pas à prendre en charge l’inflammation causée par l’endométriose ! Et méfiez-vous des compléments qui contiennent de la pipérine, ils peuvent être néfastes pour votre barrière intestinale.

En seconde position après le curcuma, nous pouvons notamment citer les bourgeons de cassis. Là aussi, nul besoin de dévorer des kilos de cette petite baie pour essayer de temporiser l’inflammation : c’est bien le bourgeon de la plante qui nous intéresse, et non son fruit ! On privilégiera donc la gemmothérapie qui permet d’extraire tous les bienfaits du bourgeon et de nous les rendre accessible sous format liquide.

Au-delà de ces deux stars, d’autres plantes vont pouvoir être utilisées, notamment pour les synergies d’effets qu’elles proposent. Par exemple, l’alchémille a un petit côté anti-inflammatoire, mais aussi asséchant (pratique pour les règles abondantes !) et stimulant des récepteurs de la progestérone. Le gattilier aura lui un effet plus hormonal (progesterone like), qui tout en apportant un effet anti-inflammatoire, travaillera sur l’équilibre du cycle. Attention néanmoins, pour ces deux plantes, je vous recommande vivement de faire appel à un professionnel qui les connait : on ne joue pas avec ses hormones, au risque de perturber tout son système !

Enfin, il est aussi possible d’avoir recours à des algues telles que la spiruline, dont la teneur en phycocyanine va permettre de travailler sur l’oxydation. Certains champignons sont aussi intéressants pour leurs effets immunomodulants, comme c’est le cas du reishi.

Les autres recours   

En dehors de toute cette panoplie non exhaustive, d’autres compléments peuvent être intéressants pour prendre en charge l’inflammation comme c’est le cas du :

  • CoQ10 / NAC / glutathion / SOD, pour leurs effets antioxydants.
  • CBD, dont l’effet ne se limite pas à l’inflammation mais s’étend au système nerveux et à la gestion de la douleur, dont celles neuropathiques.

Aussi, le stress étant pro-inflammatoire, il sera important de trouver les bons outils pour pouvoir le gérer au mieux : respiration, méditation, massage, phythothérapie, etc. Là encore, les solutions ne manquent pas ! A chacune de trouver celle(s) qui lui convien(nen)t, accompagnée par un professionnel qui saura lui donner toutes les clés afin de l’orienter dans ses recherches de plus de bien-être.

Le mot de la fin

Comme vous l’aurez compris, l’éventail de solutions en naturopathie est large pour vous aider à prendre en charge l’inflammation et atténuer les douleurs qui lui sont liées. Néanmoins, ces prises en charge ne se substituent en aucun cas à un avis et suivi médical. Et chacune nécessite l’accompagnement d’un professionnel afin de trouver celle(s) qui vous convien(nen)t ainsi que les compléments et la posologie adaptée. Il ne vous reste plus qu’à trouver le/la naturopathe qui saura vous épauler dans vos recherches !


Ecrit et validé scientifiquement par Manon Brucker

Naturopathe spécialisée en endométriose à Marseille.

Ancienne consultante pour l’industrie aéronautique, elle quitte cette vie pro à la recherche de plus de sens, et se reconnecte à ses aspirations profondes. 

Après des interrogations et recherches poussées sur les réactions du corps face à la maladie, elle trouve des réponses en la naturopathie, qui a su lui apporter des solutions d’un point de vue personnel. 

Atteinte d’une endométriose, elle décide de se spécialiser dans l’accompagnement des femmes après une formation professionnelle de Naturopathe au sein de l’institut Euronature. 

Manon Brucker propose des accompagnements pour aider les femmes à mieux vivre avec leur endométriose, réguler leur cycle ou encore optimiser leur fertilité naturellement. 


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