L’endométriose est une pathologie chronique, différente d’une femme à une autre. Elle varie selon les hormones (système endocrinien), et le stress. On ne peut la guérir, mais il est possible d’en réduire les symptômes par la chirurgie ou des traitements adaptés. Dans cette pathologie, l’alimentation peut également jouer un rôle, et permettre de diminuer les symptômes, notamment les troubles digestifs, limiter l’évolution de la maladie, et améliorer le bien-être au quotidien.

L’alimentation comme remède contre l’endométriose

Aujourd’hui, les aliments bruts sont encore boudés, au profit de produits transformés. Si l’on s’attarde sur l’étiquette, c’est alors criant de vérité : une véritable expérience de chimie à laquelle on ne comprend plus grand-chose…

Les solutions proposées par l’alimentation contre l’endométriose peuvent vous faire penser à un régime, et nous le savons toutes : nous n’aimons pas trop être contrariées par des règles strictes à respecter en termes de nourriture… Néanmoins, l’exercice permet de comprendre ce qui est bon ou non pour votre corps.

La première étape consiste à étudier et comprendre ce qui vous fait du bien et soulage vos douleurs. Si vous avez déjà identifié ces aliments : tant mieux ! Ne les supprimez pas de votre liste sous prétexte qu’ils ne figurent pas dans cet article.

L’alimentation contre l’endométriose repose sur 3 piliers :

  • Anti-inflammatoire naturel
  • Réduction d’hormones en excès (œstrogènes)
  • Apport de nutriments essentiels à la réhabilitation

Les aliments nocifs pour votre santé

Les perturbateurs endocriniens sont capables d’interférer avec notre système hormonal, et dont notamment les œstrogènes qui stimulent le développement des endométriomes et des lésions endométriosiques.

Avant de vous en parler un peu plus, faisons un point sur ce que nous retrouvons ou consommons au quotidien, et leur réelle toxicité pour notre corps :

Le PCB (polychlorobiphényles)

Le PCB, ce sont les produits animaliers riches en graisses : produits laitiers (crème, beurre, fromages, laitages), viandes et charcuteries, poissons et fruits de mer. Ils figurent parmi les plus toxiques. Leur présence dans notre environnement est due aux sols pollués.

Les dioxines

La dioxine est retrouvée dans les graisses animales, et donc au sein de notre chaîne alimentaire. Elle stimule la prolifération des cellules endométriosiques par son rôle inflammatoire.

Le Bisphénol A et les phtalates

Le Bisphénol A est présent dans les revêtements des canettes, boites de conserves et plastiques, les phtalates sont quant à eux des produits plastifiants.

Nous vous conseillons de surveiller la présence de ce pictogramme, le symbole ruban de Möbius, synonyme de présence des perturbateurs endocriniens sur vos produits.

Veillez également à ne pas consommer des aliments dans des contenants métalliques, en contact avec du plastique, ne pas les chauffer.

Le PFOA (acide perfluoroctanoique) : le Téflon

Le PFOA, c’est en effet le Téflon. Ce matériau est par ailleurs la vedette du film Dark Waters (2019) produit par Mark Ruffalo, ou l’illustration d’un combat sans précédent contre l’industrie de produits chimiques. Le Téflon est un composé perfluoré utilisé dans le revêtement antiadhésif de nos poêles.

Nous vous conseillons d’utiliser des ustensiles de cuisine en inox, sans revêtement, en céramique, en fonte émaillée ou garantis sans PFOA.

Les pesticides

Visant à éradiquer les parasites, champignons et mauvaises herbes et toutes autres espèces de nuisibles pour les cultures, les pesticides sont des produits très utilisés dans les plantations de légumes et des fruits.

Il est préférable de se tourner vers la consommation bio ou les cultures en conversion pour vos repas. Il existe un classement réalisé chaque année, des fruits et légumes du plus au moins traité, qui peut vous permettre de les identifier.

Les additifs

Ce sont des produits ajoutés aux denrées alimentaires par les industriels. Ils peuvent être d’origine naturelle, ou issus de produits de synthèse. Ils sont toxiques pour votre organisme, et très utilisés dans les aliments dits « ultra-transformés » en tant que conservateurs alimentaires, colorants, exhausteurs de goût, régulateurs du pH (correcteur d’acidité), etc.

LUNA vous conseille :

Les reconnaître ? À vous de jouer et de bien lire les étiquettes.

Ce qu’il faut chercher ? Les Nitrites, le glutamate, le sorbitol, la lécithine… et bien d’autres.

Retrouvez plus d’informations sur https://www.anses.fr/fr/content/le-point-sur-les-additifs-alimentaires

Mais alors que manger pour soulager mes douleurs et mon bien-être ?

Maintenant que nous avons identifié toutes les toxicités cachées dans vos aliments du quotidien, nous allons pouvoir étudier les différents groupes d’aliments qui jouent un rôle inflammatoire dans l’endométriose, et vous donner des conseils pour les remplacer.

Cette liste peut s’avérer longue, et sembler réduire drastiquement vos choix en termes de nourriture, néanmoins elle vous permet d’être plus attentive et informée, afin de faire les meilleurs choix pour votre santé et votre bien-être.

Les protéines animales

Il est nécessaire d’éviter les protéines animales : viandes rouges et blanches, et charcuteries riches en nitrites.

Les poissons sont à consommer de manière raisonnée : une à deux fois par semaine, dont un poisson gras (sardine).

Les légumineuses, les fruits à coques, le quinoa, le millet sont à favoriser. Pour combler une éventuelle carence en fer, il est nécessaire de consommer plus de végétaux.

Les produits laitiers

Les produits laitiers sont riches en dioxine et œstrogènes, et sont donc à éviter. Le lait est par exemple une source d’hormones (œstrogènes animales) qui peut provoquer une inflammation liée à une hypersensibilité aux protéines laitières.

Ils peuvent également contenir des pesticides.

LUNA Mémo :

Idée reçue : il n’existe aucune carence liée à la non-consommation de lait. Cette idée reçue est en partie due aux communications du lobby du lait, très puissant et actif. Par exemple, nous trouvons autant de calcium dans une portion de 100 gr de roquette ou 100 gr de pois chiches, que dans un verre de lait.

À favoriser : les laits végétaux, sans sucre ajouté. Il en existe plusieurs, comme le lait d’avoine, de soja, d’épeautre, de riz (au gout plus sucré), etc.

Les lipides

Concernant les huiles, il faut veiller à utiliser chacune de manière adaptée, et en quantité limitée.

Dans le cadre d’une cuisson à haute température, certaines huiles peuvent s’avérer nocives, toxiques. Préférez une huile 100 % oléique, ou un mode de cuisson douce.

Utiliser une huile 100 % oléique pour la cuisson. Si vous aimez faire de la pâtisserie, des gâteaux : remplacez le beurre par de l’huile de coco, riche en acides gras saturés, mais faibles en acide palmitique.

Les huiles de lin, de noix, de colza, de cameline ou de chanvre sont parfaites pour les salades. N’hésitez pas à varier les plaisirs.

La consommation de poissons gras riches en oméga 3, comme les petits poissons, est à limiter. Il existe un risque d’exposition au PCB/dioxine et métaux lourds si ces produits sont surconsommés. Les oméga 3 ont néanmoins un rôle anti-inflammatoire.

Consommer les œufs, pas de problème, mais à condition qu’ils soient d’origine bio et/ou UE les poules aient été nourries de préférence aux graines de lin. Les œufs sont également riches en oméga 3.

LUNA vous conseille :

À éviter : les graisses. Si elles ne sont pas nocives en soi, et riches en oméga 3 et 6, certaines peuvent être mauvaises. Il faut donc savoir comment les sélectionner et les consommer.

Les graisses animales fixent la dioxine, les aliments ultra-transformés, l’huile de palme et les produits industriels. Elles sont donc toxiques pour votre corps.

Les vitamines

Favorisez les vitamines B1, B9, C et E. Elles permettraient une réduction des douleurs pelviennes, et ont des effets protecteurs pour votre santé.

Les féculents

Évitez les céréales transformées (adieu les bien-aimés Chocapic, Kellogg’s…).

Consommez de préférence des pâtes complètes à la cuisson « al dente » : la surcuisson entraîne une augmentation de la glycémie, donc provoque l’inflammation.

Le pain : du pain complet et bio ! Vous pouvez varier les plaisirs avec des farines variées : châtaigne, kha mut, etc.

Et le gluten alors ?

Le gluten est un ensemble de protéines présentes dans certaines céréales comme le seigle, l’orge, ou le blé.

L’intolérance au gluten ou maladie cœliaque est une maladie intestinale chronique, qui provoque une réaction immunitaire par inflammation et destruction des villosités intestinales.

En revanche, l’hypersensibilité au gluten n’est pas une maladie reconnue. Néanmoins, les études s’accordent à sur une nette amélioration de l’état général après un arrêt du gluten.


A savoir

Un lien existe entre endométriose et maladie cœliaque : toutes deux sont des maladies inflammatoires. Donc l’on peut conclure à une diminution des douleurs dans l’endométriose grâce à une alimentation sans ou pauvre en gluten. Il faut toutefois être vigilants sur les produits industriels sans gluten du commerce.


Les glucides

Les glucides, c’est en d’autres mots, du sucre transformé. Ils sont malheureusement présents dans tous les produits industriels disponibles dans les commerces ; le pain, la moutarde, et même le jambon.

Le sucre étant une source d’inflammation, il est recommandé de favoriser le sucre naturel comme l’érable ou la coco. Mais attention à l’agave : contenant du fructose, qui peut provoquer une malabsorption, fermentation, et donc des troubles digestifs.

Les légumes

Ils jouent un rôle protecteur et peuvent être consommés en grande quantité, et sous toutes leurs formes (cru, cuit, en vapeur…).

Les fruits

Même chose pour les légumes : à volonté ! Toutefois, il est recommandé de les acheter bio. Attention au pamplemousse : il peut altérer l’efficacité d’un traitement, et même augmenter le taux d’œstrogènes.

Les œstrogènes

Il existe 3 types d’œstrogènes naturels. L’œstradiol en fait partie, et c’est celui qui nous intéresse dans cet article. L’œstradiol est une hormone qui joue un rôle dans la reconstruction cyclique de l’endomètre.

Les variations importantes ont un impact sur la douleur, les saignements et le développement de maladies, comme l’endométriose, les fibromes, le cancer du sein ou le cancer de l’utérus. On va retrouver l’œstradiol dans le tofu, les carottes, l’ail, les lentilles, les pois chiches, par exemple.

Veuillez noter que manger en surquantité peut aussi avoir des conséquences : cela augmente l’imprégnation œstrogénique.

En résumé de ce point, il est donc possible d’influencer le climat œstrogénique par l’alimentation :

  • une alimentation riche en oméga 3 et graisses insaturées permet de réduire l’activité œstrogénique. Mais à l’inverse : une alimentation composée de mauvaises graisses (oméga 6, graisses saturées) l’augmente.
  • Une alimentation riche en fibres et en crucifères permet la diminution de la concentration des œstrogènes dans le sang et la production du « bon » œstrogène, en évitant la réabsorption du mauvais. On appelle ce phénomène le cycle entéro-hépatique de l’œstrogène. Il dépend de la qualité du microbiote intestinal.


A noter :

L’œstrone, autre œstrogène naturel, est présent dans les tissus gras. Il favorise l’inflammation.


En enfin, les boissons :

Évitez le café et l’alcool, qui sont également des produits inflammatoires.


A savoir :

Le café peut aussi augmenter le taux d’œstrogènes, et le délai de grossesse.


Le soja : il existe beaucoup de débats sur le sujet, mais aucune étude significative ni certitudes. Il faut en consommer de manière raisonnée.

Les phytoœstrogènes comme le lin par exemple, sont riches en oméga 3. Ce sont des antioxydants qui diminuent le taux d’œstrogènes.

Votre médecin peut également vous conseiller des compléments alimentaires, adaptés à vos symptômes.


Conclusion

Avoir une alimentation saine et responsable, tout en évitant certains aliments, permet de réduire la douleur. Il est important de rappeler que ce n’est pas un régime : vous pouvez manger de tout, en quantité raisonnable, sans vous priver pour autant et souffrir de la faim. Fuyez tant que c’est possible les étals des supermarchés remplis de produits ultra-transformés, et de fruits et légumes dont vous peinez à identifier la provenance et le mode de culture. Favorisez les produits frais et bio, disponibles chez votre boucher, poissonnier, au marché, et n’hésitez pas à demander conseil aux producteurs : ils seront ravis de vous répondre et vous accompagner !


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Co-écrit et validé par Dr Jean-Philippe Estrade.

Chirurgien gynécologue et obstétrique, expert en endométriose à l’Hôpital Privé Clairval et la Clinique Bouchard, à Marseille.


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