Chez la femme, l’hormone antimüllérienne (AMH) est sécrétée par des cellules particulières de l’ovaire appelées « follicules », poches liquidiennes contenant les ovocytes qui seront libérés au moment de l’ovulation, après la survenue des premières règles.

 

Le nombre de follicules contenus dans les ovaires ne va cesser de diminuer tout au long de la vie de la femme. En effet, le stock de follicules qui est d’environ 7 millions au 7e mois de la vie intra-utérine. Il va être quasiment divisé par deux après la naissance, puis va diminuer petit à petit avec une accélération de la perte folliculaire à partir de l’âge de 35 ans de façon physiologique. Il existe cependant une grande variabilité dans la vitesse de décroissance du stock folliculaire d’une femme à l’autre…

 

La synthèse, puis la libération de l’AMH, débutent quelques jours avant la naissance du fœtus de sexe féminin (vers la 36e semaine de grossesse), croît pour atteindre un pic à la puberté, puis un plateau entre 20 at 25 ans, et enfin décroît progressivement jusqu’à la ménopause, moment où le stock de follicules est complètement épuisé.

 

Le dosage de l’AMH, considéré aujourd’hui comme l’un des meilleurs marqueurs biologiques du stock des follicules primordiaux présents dans l’ovaire et donc de la réserve ovarienne, est source de beaucoup d’interrogations et parfois d’inquiétude lorsque le résultat est considéré comme trop bas.

Quand le dosage d’AMH est-il indiqué chez la femme ?

Le dosage d’AMH est principalement indiqué dans un contexte d’infertilité si votre médecin envisage de vous proposer une technique d’Aide Médicale à la Procréation (AMP). En effet, son taux étant un très bon marqueur du pool de follicules sélectionnables lors des protocoles de stimulation ovarienne, votre médecin pourra ainsi déterminer si une prise en charge en AMP est possible ou non. Cela lui permettra également d’adapter les traitements (doses…) pour optimiser la stimulation chez les patientes à risque de mauvaise réponse ou, à l’inverse, de limiter le risque de syndrome d’hyperstimulation ovarienne. Si l’AMH est donc un bon marqueur de vos chances de réponse à la stimulation ovarienne en AMP, ce marqueur ne reflète pas la qualité ovocytaire et ne permet donc pas d’évaluer les chances de naissance vivante après prise en charge en AMP.

 

Le dosage de l’AMH peut être également réalisé pour évaluer la réserve ovarienne chez des femmes n’essayant pas de concevoir dans l’immédiat, mais chez qui une préservation de la fertilité est proposée. Par exemple en cas de cancer nécessitant l’administration d’un traitement toxique pour les ovaires (comme une chimiothérapie) ou avant une chirurgie ovarienne dans un contexte de kyste organique (endométriome ou autre).

 

En revanche, ce marqueur biologique n’est en aucun cas un facteur prédictif de fertilité spontanée ni après une stimulation simple ce qui veut dire que, même si votre dosage d’AMH est bas, vos chances de concevoir un bébé naturellement existent toujours !

 

Ce dosage ne doit pas être réalisé juste « pour voir » dans le seul but de conseiller des femmes non infertiles sur leur fertilité future ni pour prédire leur délai de conception.

 

Le dosage d’AMH ne fait pas partie des critères diagnostiques du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Cependant, il peut être utile chez une adolescente ou une patiente chez laquelle l’échographie pelvienne précise (par voie vaginale) est impossible. En cas de suspicion de SOPK, un taux élevé d’AMH sera un argument supplémentaire pour porter ce diagnostic.

 

Enfin, le dosage d’AMH ne doit pas être prescrit en pratique pour prédire l’âge de la ménopause même si l’AMH est considéré comme l’examen ayant la meilleure valeur prédictive dans ce contexte.

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Comment le dosage d’AMH est-il réalisé ?

Le dosage est réalisé par une simple prise de sang qui peut être effectuée à n’importe quel moment du cycle, car les variations du taux d’AMH au cours du cycle menstruel sont peu significatives.

Le dosage peut également être réalisé chez une femme prenant une contraception hormonale. Il n’est donc pas nécessaire d’arrêter ce type de traitement en vue de l’examen.

Mises au point dans les années 2000, les techniques de dosage de l’AMH ont évolué ces dernières années. Initialement réalisées avec des techniques de dosage manuel, les mesures des taux sanguins d’AMH font depuis 2014 appel à des techniques de dosage automatisé, permettant une meilleure reproductibilité et une diminution des variations entre les différents laboratoires.

Ce prélèvement est actuellement remboursé par la Sécurité Sociale.

Comment interpréter le résultat d’un dosage d’AMH ?

L’interprétation du résultat du dosage d’AMH doit être prudente et doit surtout prendre en compte le contexte clinique global de la femme, notamment le motif pour lequel ce prélèvement a été réalisé et l’âge de la femme. D’autres facteurs peuvent également influencer le dosage de l’AMH comme la prise d’une contraception hormonale (baisse du taux d’environ 20 % qui est réversible à l’arrêt du traitement), la consommation de tabac et l’ethnie non caucasienne.

 

Le résultat du dosage ne peut en aucun cas être analysé seul. Son interprétation nécessite l’évaluation concomitante des autres paramètres de la réserve ovarienne et en particulier du compte des follicules antraux par échographie pelvienne, car il existe une très bonne corrélation entre le nombre de follicules visibles à l’échographie réalisée en début de cycle et le taux d’AMH.

 

Il faut également interpréter les résultats des taux d’AMH en fonction de ceux de la FSH et de l’estradiol dosés en début de cycle.

 

Enfin, il existe certains pièges d’interprétation du résultat qui peuvent être liés soit à l’utilisation de kits anciens de dosage soit aux erreurs dans l’interprétation de l’unité, car le résultat peut être donné soit en ng/ml soit en pmol/l (1 ng/ml = 7,13 pmol/l)

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Conclusion

C’est seulement après l’analyse de l’ensemble de ces paramètres que votre médecin pourra vous expliquer la vraie valeur de votre taux d’AMH et vous proposer la stratégie la mieux adaptée à votre situation.



Co-écrit et validé scientifiquement par Dr Lorraine Maitrot-Mantelet,

Gynécologue au sein du service Gynécologie obstétrique II et médecine de la reproduction de l’Hôpital Cochin, Paris.


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