L’endométriose est une pathologie bénigne, c’est-à-dire non cancéreuse, mais qui peut être très invalidante avec un impact important sur la qualité de vie. Elle peut toucher toutes les femmes en âge de procréer. Elle se définit comme l’implantation, en dehors de l’utérus, de tissu semblable à la muqueuse utérine (endomètre). Cette dernière se renouvèle tous les mois pour donner lieu à la menstruation, plus communément appelée les règles.

LUNA  vous explique les dessous de cette pathologie, qui touche aujourd’hui entre 10% et 15% des femmes en âge de procréer dans le monde.

Comprendre le mécanisme de l’endométriose

Longtemps ignorée, la physiopathologie de l’endométriose est à l’heure actuelle encore mal connue et reconnue. Son délai de diagnostic est très long : 6 à 12 ans en moyenne, ce qui prive les patientes d’une prise en charge adaptée et altère leur qualité de vie.

LUNA Mémo : le cycle menstruel

Le cycle menstruel est un phénomène physiologique et naturel, débutant à l’adolescence pour s’arrêter à la ménopause. Lors de la menstruation, l’utérus

se contracte et chasse les cellules de l’endomètre dans le vagin, à travers le col de l’utérus : il s’agit du phénomène normal des règles.

Lors de votre période de règles, une partie du sang est évacué dans vos trompes, en dehors de l’utérus, et remonte pour se disperser dans votre cavité

abdomino-pelvienne (abdomen), et non pas dans votre vagin. Ce phénomène est observé chez toutes les femmes dans le cadre du cycle menstruel,

que l’on souffre d’endométriose ou non. Ce sang, qui correspond à des cellules endométriales (fragments de l’endomètre), est ensuite détruit en quelques

jours par le système immunitaire et disparaît normalement.

Si vous êtes atteinte d’endométriose :

1. Il est scientifiquement démontré que votre endomètre est pathologique, c’est-à-dire différent de celui des femmes qui ne présentent pas d’endométriose.

Ainsi, alors que toutes les femmes présentent des règles, les spécificités de votre endomètre contribuent à expliquer votre endométriose.

Parce que votre endomètre est différent (plus résistant au système immunitaire), les cellules endométriales (fragments de l’endomètre) évacuées par les trompes vers l’abdomen ne seront pas détruites et peuvent se greffer, s’implanter sur les organes au voisinage de l’utérus : vos ovaires, trompes, intestin, vessie, uretère.

Cependant, votre endomètre, bien qu’en situation anatomique anormale, reste soumis aux stimulations hormonales lors des différentes périodes de votre cycle menstruel, tout comme chez une femme qui n’est pas atteinte d’endométriose.

Vous présenterez alors des hémorragies cycliques, c’est-à-dire des saignements tous les mois au moment des règles, au niveau des organes sur lesquels votre endomètre s’est implanté.

Ces hémorragies récurrentes expliquent, selon la localisation des implantations, la survenue de kystes ovariens endométriosiques (endométriomes), de douleurs pelviennes, et des symptômes digestifs et/ou urinaires périmenstruels, c’est-à-dire les jours précédant la menstruation et/ou pendant les règles.

2. Il est aussi scientifiquement validé que votre profil immunitaire est altéré.

Ce second dysfonctionnement, associé au fait que votre endomètre soit pathologique, contribue à expliquer pourquoi les cellules endométriales, après le reflux menstruel, ne sont pas détruites par votre système immunitaire comme chez la plupart des femmes.

Ces perturbations immunitaires expliquent aussi l’association très fréquente de l’endométriose avec de nombreuses pathologies dans lesquelles la participation du système immunitaire est fortement impliquée : allergies, dysthyroïdies, lupus, maladies inflammatoires de l’intestin (Maladie de Crohn, rectocolite hémorragique), sclérodermie, migraines, …

Quelles sont les caractéristiques de l’endométriose ?

L’endométriose est une pathologie :

  • dépendante des hormones (ou hormono-dépendante) : les symptômes douloureux sont liés au cycle menstruel, ce qui explique l’efficacité du traitement hormonal qui, en bloquant l’ovulation et les règles, permet de soulager les patientes.
  • inflammatoire : la régurgitation du sang dans la cavité abdomino-pelvienne lors de la menstruation est une “agression” qui est responsable d’une inflammation, source de douleurs qui peuvent être très intenses pendant les règles. Cette inflammation peut être soulagée par les antalgiques et/ou en bloquant les règles en prescrivant des traitements hormonaux.
  • neurologique : les cellules endométriosiques ont la capacité de pouvoir pénétrer dans les nerfs et ainsi contribuer au ressenti de douleurs par les patientes.
  • hétérogène, et donc pouvant se manifester sous différents aspects :

Sur le plan anatomique, il existe trois phénotypes, c’est-à-dire trois présentations cliniques de l’endométriose qui peuvent, ou non, être associées :

  • l’endométriose superficielle, quand les implants restent superficiels à la surface du péritoine (tissu qui tapisse toute la cavité abdomino-pelvienne) et/ou des ovaires
  • l’endométriose ovarienne ou  kystes endométriosiques (endométriomes), lorsque suite aux hémorragies successives tous les mois les lésions créent un kyste dans l’ovaire
  • l’endométriose profonde lorsque les lésions pénètrent dans les organes abdomino-pelviens (vessie, uretère, intestin, vagin,…).
  • Multifocale, c’est-à-dire que les lésions sont rarement isolées : ces trois types d’endométriose (superficielle, ovarienne et profonde), peuvent être associés chez une même patiente, et les nodules d’endométriose profonde sont souvent multiples : par exemple, vous pouvez présenter simultanément une atteinte vaginale et rectale.

Quelles sont les conséquences de l’endométriose ?

Les deux symptômes principaux de l’endométriose sont la douleur et l’infertilité. Les douleurs peuvent se présenter sous différentes formes, parfois associées :

  • les dysménorrhées, qui sont des douleurs cycliques pendant vos règles
  • les dyspareunies, douleurs pendant les rapports sexuels, qui peuvent avoir un impact très important sur la sexualité des patientes
  • des douleurs chroniques, c’est-à-dire sans lien périodique avec le cycle menstruel
  • des signes, principalement digestifs et/ou urinaires, récurrents, avant et pendant de la période de règles, selon la localisation des lésions.

L’infertilité, c’est-à-dire la difficulté à être enceinte, peut être de deux types :

  • Primaire, si vous n’avez jamais été enceinte ;
  • Secondaire, si vous avez déjà été enceinte, au moins une fois, et ce quelle que soit l’évolution de cette grossesse : accouchement (à terme ou prématuré ; par voie naturelle ou par césarienne), fausse couche, grossesse extra-utérine, …

L’impact de l’endométriose sur la qualité de vie des patientes, tant sur le plan personnel, conjugal que professionnel est considérable. Longtemps mal connue, voire ignorée, l’endométriose est aujourd’hui, en raison des troubles qu’elle provoque et du coût très important de son diagnostic et de son traitement, considérée comme un véritable problème de santé publique.

 LUNA vous aide :

LunaEndoScore est une aide au diagnostic qui, par le calcul d’un score de risque, détermine votre probabilité d’être affectée par l’endométriose à partir de vos réponses à un questionnaire.

Usage prévu :

LunaEndoScore a pour objectif d’aider au dépistage de l’endométriose par le calcul d’un score de risque déterminant la probabilité d’être affectée par l’endométriose à partir des réponses des utilisatrices à un questionnaire.


Co-écrit Validé scientifiquement par Pr Charles Chapron,

Chef du service Gynécologie obstétrique II et médecine de la reproduction de l’Hôpital Cochin à Paris


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