La dyspareunie, c’est le fait d’avoir mal pendant les rapports sexuels. Souvent tabou, ce symptôme est très peu divulgué par les femmes qui en sont atteintes. Cette gêne occasionnée peut être à l’origine d’un retard de diagnostic. Il faut donc oser en parler avec votre partenaire et/ou votre sage-femme ou votre médecin pour ne pas laisser les troubles s’installer dans le temps. Les douleurs pendant les rapports sexuels peuvent également exister au début de l’activité sexuelle. Cependant, elles doivent disparaître très rapidement. Les dyspareunies peuvent être superficielles lors de la pénétration, ou profondes lors du rapport sexuel (dépends des positions). Ces douleurs peuvent également persister après le rapport sexuel et être accompagnées d’autres symptômes tels qu’un malaise. Dans le cas de douleurs intenses et régulières, il ne faut pas considérer ces douleurs comme normales : elles peuvent être expliquées par de nombreuses pathologies, dont la première est l’endométriose.

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LUNA vous propose de réaliser le test LunaEndoScore®, le Dispositif Médical certifié CE d’aide au diagnostic de l’endométriose, qui vous permettra de connaître votre propre risque d’endométriose en répondant à un questionnaire fondé sur une expertise médicale.

Usage prévu

LunaEndoScore® a pour objectif d’aider au dépistage de l’endométriose par le calcul d’un score de risque déterminant la probabilité d’être affectée par l’endométriose à partir des réponses des utilisatrices à un questionnaire.

Comment savoir si je suis atteinte de dyspareunies ?

Que les douleurs soient assez supportables ou rendent impossible tout type de rapport, la dyspareunie peut être complètement différente en fonction des femmes. Cette douleur apparait souvent dès le premier rapport sexuel, mais peut également arriver plus tard. Il faut qu’il soit constant dans le temps. Parfois avoir mal pendant les rapports peut être d’ordre organique (pathologie), passager en fonction du partenaire ou psychologique, il faut donc pouvoir en parler à votre sage-femme ou médecin, afin qu’ils puissent déterminer s’il s’agit d’une véritable douleur intense et constante, retrouvée également lors de l’examen clinique afin d’orienter vers des examens complémentaires. Un accompagnement par une ou un sexologue sera conseillé pour ne pas laisser les troubles s’installer dans le temps.

À quoi sont dues les dyspareunies ?

De nombreuses causes peuvent expliquer les dyspareunies. Sans parler des causes psychologiques, nous allons nous concentrer sur les causes physiques. Les premières causes peuvent être de nature hormonale : un déficit ou une diminution d’œstrogènes (qui agissent sur de nombreux tissus de l’organisme féminin) peut être à l’origine :

D’une sécheresse vaginale : repérable par des douleurs dans le bas ventre, des rougeurs au niveau des organes génitaux externes, des démangeaisons voire une sensation de brûlure, baisse de libido, brûlure lors de la miction, de légers saignements après les rapports sexuels ou encore des infections urinaires et vaginales répétées.

D’une atrophie vaginale : perte de souplesse et d’amincissement des parois du vagin, l’atrophie est due à la diminution des petites lèvres qui sont moins irriguées, et donc s’assèchent.

Une autre cause peut être de nature infectieuse

Vulvovaginite : une infection locale de la vulve et du vagin d’origine virale, reconnaissable par une légère enflure des lèvres vaginales avec des démangeaisons. Si elle est liée à la présence de levures, on appelle ça une mycose.

Un HSV – Infections par le virus herpès simplex : reconnaissable par l’apparition récurrente de petites vésicules, douloureuses et remplies de liquide sur la peau, la bouche, les lèvres, les yeux ou encore sur les organes génitaux possiblement aigus par une première infection (primo infection), ou récurrent et chronique.

Elle peut également être due à des causes dermatologiques

Un lichen scléreux vulvaire (LSV) : il s’agit d’une inflammation du tissu d’origine auto-immune principalement trouvé chez les femmes ménopausées de 50 à 60 ans. Il est reconnaissable par des démangeaisons persistantes, un blanchiment ou une pâleur de la muqueuse qui devient plus lisse, plus fragile et moins de relief parfois même jaunâtre, et avec des fissures fréquentes et douloureuses de la vulve.

La maladie de Bowen : il s’agit d’une forme de cancer intra-épidermique (couche superficielle de la peau). Elle est reconnaissable par l’apparition de lésions précancéreuses cutanées souvent en forme de plaque de coloration rouge-marron. Elle est souvent diagnostiquée chez les femmes de plus de 60 ans.

Un lichen plan : éruption cutanée et démangeaisons qui forment des plaques rouges ou pourpres sur différentes parties du corps. Il peut être dû à certains médicaments ou encore à une réaction psychoaffective ;

Les médecins chercheront à trouver également des infections génitales profondes comme l’endométrite ou leurs séquelles comme des kystes ovariens, cystite… ou encore un syndrome de Masters et Allen (mobilité anormale de l’utérus), un syndrome de Sjögren-Larsson (SJS, reconnaissable par des cicatrices donnant un aspect sec à la peau, mais également des spasmes dans les jambes) ou le syndrome de congestion pelvienne (des spasmes musculaires du muscle releveur de l’anus).

Enfin, c’est aussi l’un des symptômes de l’endométriose

De nombreuses raisons peuvent expliquer la dyspareunie de l’endométriose.

Présence de lésion(s) constituée(s) d’endométriose superficielle et profonde, avec douleurs provoquées par l’inflammation, un nodule, une rétraction du fond vaginal, ou une hypersensibisation. Dans ces situations, les lésions sont perçues au toucher vaginal et à l’imagerie.

Absence de lésion(s) vraie(s) d’endométriose : situation retrouvée dans l’adénomyose ou en post-opératoire par la fibrose cicatricielle. En général, ces douleurs sont expliquées par une hypersensibilité de la région génitale, provoquant un réflexe permanent des muscles périnéaux (crampes, syndrome myofascial), ainsi qu’une diminution du seuil de la douleur de la région génitale.

Il existe donc énormément de causes physiques pour expliquer vos sensations de douleurs pendant vos rapports. Il faut donc être attentive, et pouvoir décrire vos symptômes à un professionnel afin qu’il vous donne le traitement le plus adapté à votre dyspareunie.

Quels traitements sont possibles ?

Les causes sont nombreuses, les traitements peuvent donc différer en fonction de vos troubles. Certaines causes peuvent être facilement soignées, mais d’autres demandent plus de temps ou parfois même n’ont pas encore de traitements à proprement parler.

De nombreux traitements existent néanmoins, et sont bien trop souvent ignorés. LUNA vous propose quelques solutions :

Pour une sécheresse vaginale : elle peut être réglée par une application locale de crème ou la mise en place d’un ovule en fonction du nombre de jours nécessaires à la guérison. Utiliser un lubrifiant spécifique pendant les rapports sexuels peut également aider à ne plus avoir mal. Le laser vaginal donne de très bons résultats lorsque la sécheresse est chronique et réfractaire.

Pour une atrophie vaginale : pour les femmes ménopausées, un nouveau traitement est disponible permettant de soulager les douleurs avec l’utilisation d’un laser vaginal qui permettra de restimuler la muqueuse vaginale qui manque d’œstrogènes­­­. Ainsi, la fonction de lubrification sera réactivée. Pour les femmes non ménopausées, cette atrophie peut être réglée par l’application locale de crème ou d’ovule, ou encore par un anneau libérant des hormones.

Pour une vulvovaginite : si elle est irritative, vous devrez changer vos habitudes en matière de produits hygiéniques : vos protections hygiéniques pendant les règles, ou vos sous-vêtements. Si elle est infectieuse, il faudra prendre des antibiotiques ou antifongiques pendant un certain temps. Ils peuvent varier en fonction de votre cas. Enfin, si elle est atrophique, il faudra envisager un traitement hormonal thérapeutique, ou des produits stimulant la lubrification. Il peut également s’agir d’un déséquilibre quantitatif et qualitatif des bactéries du vagin (microbiote vaginal). Un bilan spécifique par un prélèvement accompagné d’un traitement pour rééquilibrer la flore bactérienne donne de bons résultats.

Pour un HSV : il peut être traité par la prise d’antiviraux par voie orale qui vont empêcher le développement de l’enzyme du virus ne pouvant donc plus se multiplier. Ces traitements sont nombreux sur le marché : Aciclovir, Valaciclovir, Famciclovir, Ovarir, Zelitrex ou encore Zovirax.

Pour un lichen scléreux vulvaire (LSV) : malheureusement, cette maladie ne se guérit pas. Il faut donc opter pour un traitement à vie consistant à l’application d’un onguent, ou d’une crème sur la peau de la vulve.

Pour une maladie de Bowen : de nombreux traitements existent, mais le plus efficace pour guérir reste l’exérèse chirurgicale qui permet d’éliminer les lésions.

Pour un lichen plan : Il disparait spontanément, mais ses symptômes peuvent être traités avant même sa disparition par l’utilisation de corticoïdes, d’expositions répétées à l’ultraviolet, ou encore avec de la lidocaïne.

Pour une infection génitale profonde : un traitement existe permettant de restaurer la flore vaginale. En fonction de la gravité de votre infection, vous serez sous antibiothérapie ou biantibiothérapie si celle-ci est plus grave.

Pour un syndrome de Masters et Allen : Il s’agit d’un traitement chirurgical raccourcissant ou réunissant les ligaments.

Pour un syndrome de Sjögren-Larsson : utiliser des traitements symptomatiques de la sécheresse, éviter les médicaments qui assèchent le corps, et suivre un traitement chlorhydrate de pilocarpine dans un premier temps à faible dose, avec une progression dans le temps. Il peut également être traité de manière locale avec certains gels ou humidifiants.

Pour un syndrome de congestion pelvienne : les traitements médicamenteux de la congestion pelvienne se rapprochent des traitements de l’insuffisance veineuse (varices, hémorroïdes).

Pour l’endométriose, les traitements sont nombreux, et doivent être personnalisés en fonction de la patiente. Graduellement, il sera préconisé un traitement hormonal et des antalgiques ; la chirurgie si les lésions sont constituées ; et le traitement de l’hypersensibilité douloureuse dans tous les cas lorsque la dyspareunie est installée. Comme tout traitement l’efficacité et les effets secondaires dépendront de la réaction propre à chaque patiente. C’est la raison pour laquelle il est difficile de prédire précisément les effets de chaque médicament. Il est donc nécessaire d’évaluer l’effet d’un traitement au minimum trois mois après le début de celui-ci.


Conclusion

Les dyspareunies sont nombreuses et peuvent être un symptôme de différentes maladies. Il ne faut pas avoir honte d’en parler afin de déterminer votre maladie le plus clairement possible. Sans toutes ces informations, les médecins pourraient se tromper dans leur diagnostic, et prescrire un traitement ou médicament non adapté.



Co-écrit et validé scientifiquement par Dr Jean-Philippe Estrade,

Chirurgien gynécologue et obstétrique, expert en endométriose à l’Hôpital Privé Clairval et la Clinique Bouchard, à Marseille.

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