Des règles abondantes, ou ménorragies sont des règles anormalement longues et surtout avec une émission d’un flux plus soutenu.

Elles peuvent être identifiées par la formation de caillots, et/ou un débordement de sang de votre protection hygiénique. Les règles abondantes sont considérées comme anormales lorsqu’elles dépassent les 80 ml de flux sanguin pendant la période de règles.

Et moi, comment savoir si j’ai des règles abondantes ?

Je vous voir venir : mais comment je peux mesurer 80 ml ?! Pas de panique 🙂

Pratico-pratique : si vous remplissez 1 à 2 serviettes hygiéniques en 2 heures ou moins, vous êtes susceptibles d’avoir des règles abondantes. Autre équivalent plus imagé : 1/3 de tasse à café, ou 5 à 6 cuillères à soupe (15 ml par cuillère).

Une première chose à savoir : dans la mesure où c’est une appréciation très subjective, il est difficile pour une femme seule de mesurer son flux sanguin lors des règles.

Pour vous aider, il existe un outil qui permet de mieux estimer l’émission sanguine lors des règles grâce à vos protections hygiéniques : c’est le score de Higham.

Il s’agit de remplir un tableau, pendant vos règles, du nombre de protections hygiéniques que vous utilisez en un jour. Chaque protection utilisée représente un nombre de points défini dans le tableau. A la fin de votre cycle, vous ajoutez tous vos points. Si vous obtenez un résultat supérieur à 100, alors vous avez sûrement des règles abondantes. Cependant, ne vous appuyez pas seulement sur le résultat de ce score : le mieux, si vous avez quelques doutes, est d’aller consulter votre médecin/gynécologue..

Quelles sont les causes et les symptômes des règles abondantes ?

Les causes des règles abondantes

Les causes sont multiples…

Les règles abondantes peuvent être dues à :

·        des troubles hormonaux : déséquilibre entre les estrogènes et la progestérone. L’excès d’estrogène entraine une croissance excessive de la muqueuse de l’utérus (endomètre) et contribue à augmenter le volume des règles.

·       l’utilisation d’un stérilet au cuivre (ou DIU : dispositif intra-utérin), qui peut être responsable d’une inflammation locale au niveau de la cavité utérine

·       un trouble de la coagulation sanguine

·       être en rapport avec des tumeurs bénignes (polypes, fibromes…) ou une adénomyose. Plus rarement une pathologie cancéreuse

Les symptômes des règles abondantes

Les symptômes sont nombreux.

Les premiers signaux sont souvent des règles dont la durée dépasse 7 jours, avec un écoulement important, et la présence de caillots qui peuvent entrainer une fatigue, et/ou provoquer une pâleur de la peau. À long terme, les règles abondantes peuvent entrainer une anémie par manque de fer.

De même, des douleurs pelviennes, ainsi que les douleurs pendant les rapports sexuels (dyspareunies) peuvent être ressenties.

Des difficultés à maintenir des activités habituelles pendant les règles et un essoufflement à l’effort peuvent également être secondaires à des règles abondantes.

Peut-on arrêter les règles abondantes ?

Vous devez être rassurée, et savoir qu’il existe une solution à votre problème.

Le traitement doit être adapté à la cause (saignement d’origine fonctionnelle [dérèglement hormonal] ou organique [polype, fibrome.] Après consultation médicale et réalisation éventuelle d’examens complémentaires [notamment une échographie par voie vaginale et/ou une hystéroscopie diagnostique, qui consiste, en consultation, à explorer la cavité utérine pour rechercher une cause organique].

En cas de troubles hormonaux :

– Si nécessaire, correction de l’anémie par prescription d’un traitement martial ;

– antifibrinolytiques, qui agissent sur la coagulation ;

– traitement hormonal avec apport de progestérone : soit traitement par voie orale (administré entre le 16e et le 25e jour du cycle, ou entre le 5e et le 25e jour du cycle voire en continu), soit par voie locale (stérilet à la progestérone : modèle Mirena® ou Jaydess®) ;

– anti-inflammatoires non stéroïdiens tels que l’ibuprofène (Advil®, Motrin®, Nurofen®) qui réduisent le flux menstruel et atténuent les douleurs associées.

En cas d’échec des traitements médicaux, il est possible d’envisager un traitement chirurgical conservateur (c’est-à-dire en gardant l’utérus) par voie hystéroscopique en ambulatoire.

Différentes techniques sont possibles :

– soit résection (abrasion chirurgicale) de l’endomètre (endométrectomie)

– soit destruction de celui-ci par introduction d’un ballonnet contenant un liquide qui sera chauffé et détruira l’endomètre (thermocoagulation).

Ces traitements chirurgicaux ne peuvent pas être proposés si vous désirez avoir des enfants.

En cas de lésions organiques (polypes, fibromes, …), la lésion sera retirée chirurgicalement. La technique opératoire sera précisée en fonction de la nature, de la taille, de la localisation et du nombre des lésions.

En dernier recours, pour les patientes ne présentant plus de désir de grossesse, un traitement chirurgical radical (hystérectomie) peut être discuté.


Co-écrit et validé scientifiquement par Pr Charles Chapron

Chef du service Gynécologie obstétrique II et médecine de la reproduction de l’Hôpital Cochin à Paris


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