Si des idées reçues tendraient à dire que l’endométriose est une maladie ne touchant que les femmes adultes, il ne faut pas s’y méprendre : les jeunes filles et les adolescentes peuvent être atteintes d’endométriose. 

L’endométriose peut toucher toutes les femmes en âge de procréer : à 15 ans, 25 ans, 35 ans et +. Les adolescentes peuvent donc, dès leurs premières règles, ressentir des symptômes indiquant une endométriose.  

D’ailleurs, selon EndoFrance, les femmes atteintes d’endométriose interrogées font souvent référence à de fortes douleurs dans leur adolescence, n’ayant pas été prises en charge. Fait non isolé donc, et même récurrent dans les témoignages de patientes, cette ignorance de la maladie par l’entourage et les médecins chez les plus jeunes, a pu s’expliquer en partie par une méconnaissance de la maladie il y a quelques années, et des idées reçues (lien les idées reçues de l’endométriose) fortes, ancrées dans nos société : « les règles ça fait mal, c’est normal ».  

L’endométriose chez les adolescentes est-elle moins grave ? 

Si les douleurs chez les jeunes filles sont parfois sous-estimées voire ignorées, elles n’en sont pas moins intenses.  

Avoir des douleurs intenses au moment des règles lorsqu’on est jeune ne signifie pas forcément être atteinte d’endométriose, heureusement, d’autant que les premiers cycles menstruels sont réputés pour être plus douloureux. Néanmoins, des douleurs à recrudescence périmenstruelle, associés à de l’absentéisme dû à ces douleurs, des maux de tête et/ou une fatigue récurrente chez les adolescentes doit être prise en charge adaptée, et ce le plus tôt possible, comme chez la femme adulte. L’endométriose chez les adolescentes n’est pas « plus grave » ou « moins grave », mais doit être observée et suivie.  

LUNA vous aide :

LUNA vous propose de réaliser le test LunaEndoScore®, le Dispositif Médical certifié CE d’aide au diagnostic de l’endométriose, qui vous permettra de connaître votre propre risque d’endométriose en répondant à un questionnaire fondé sur une expertise médicale.

Quand faut-il penser à une endométriose chez l’adolescente ?  

Certains signaux peuvent alerter : 

  1. Le premier signe est et restera les douleurs intenses lors de la période des règles, et notamment si elles résistent à une prise d’antalgiques (ex : Paracétamol) ou à un antispasmodique (ex : Spasfon). 
  2. Les douleurs pelviennes présentes à chaque cycle peuvent s’intensifier avec le temps. Dans ce cas, il est nécessaire de consulter rapidement. Nous vous conseillons de prêter une attention particulière dans l’observation d’une évolution des symptômes. 
  3. Comme mentionné précédemment, les douleurs en période de menstruation ont souvent des répercussions et peuvent être accompagnées de signaux qui confirment la présence d’une pathologie du cycle menstruel, comme l’endométriose : maux de tête, fatigue, absentéisme scolaire, malaises, des vomissements, etc.  

Selon Dr Jean-Philippe Estrade, chirurgien gynécologue spécialiste de l’endométriose et co-fondateur de LUNA « Des douleurs de règles provoquant migraines et absentéisme scolaire, c’est une endométriose jusqu’à preuve du contraire*. » 

*Un avis d’un gynécologue connaissant la maladie est nécessaire afin de confirmer ou infirmer le diagnostic.  

Que faire lorsqu’une adolescente est atteinte d'endométriose ?  

Tout d’abord : ne pas paniquer ou s’inquiéter ! Plus l’endométriose est diagnostiquée tôt, mieux on pourra préserver la qualité de vie et la fertilité. Certaines formes d’endométriose n’évoluent pas, et en aucun cas rapidement, et peuvent même régresser. 

La première chose à faire est d’ouvrir le dialogue avec la jeune fille, si vous observez des signes pouvant suspecter la présence d’une endométriose. S’il s’agit d’une proche, de votre enfant, de votre sœur, assurez-vous que la jeune fille se sente en confiance, et ose parler de ses symptômes et de ses émotions avec vous. Soyez présente, et accompagnez-la dans une démarche d’information, afin d’envisager un diagnostic par un professionnel de santé. Connaître et reconnaître la maladie sont des étapes importantes, notamment au début du parcours de soins, et permet généralement d’échanger plus facilement sur le sujet.  

La seconde étape, si les symptômes évoqués sont présents et fréquents, et impactent le quotidien de la jeune fille, il est recommandé de consulter un médecin le plus tôt possible, afin qu’il puisse confirmer, ou non, la pathologie, rediriger vers un médecin spécialiste et prescrire un traitement adapté. 

Les infirmières scolaires ont également un rôle important à jouer. De plus en plus sensibilisées à l’endométriose.  

L’association EndoFrance est d’une grande aide et soutien aux patientes également, à tout âge, et proposent un grand nombre de ressources pédagogiques pour toutes et tous. Les bénévoles grâce aux bénévoles de l’association peuvent également répondre aux questions sur demande, vous guider et vous orienter pour mieux accompagner les jeunes filles. 

Comment diagnostiquer l’endométriose chez une adolescente ?  

Le diagnostic de l’endométriose chez une jeune fille repose dans un premier temps sur un interrogatoire ciblé par un professionnel de santé, tout comme pour une femme adulte : fréquence et intensité des douleurs, impact sur la qualité de vie…  

Le médecin va notamment vérifier si les douleurs sont régulières, si elles réagissent aux antalgiques et/ou si les recours à des anti-inflammatoires est fréquent, si les douleurs génèrent de l’absentéisme scolaire… 

Pour l’examen clinique par le médecin, celui-ci n’est pas obligatoire.  

Par ailleurs, si l’adolescente n’a pas eu de rapport sexuel, léchographie endovaginale est impossible à pratiquer. Seule une échographie pelvienne peut être réalisée, si nécessaire.  

Dans le cas où une échographie et/ou IRM sont réalisées à la demande du médecin, elles doivent être faites par un radiologue spécialiste en endométriose :  

  • L’examen de première intention, l’échographie pelvienne, va servir à observer une potentielle malformation utérine, ou encore des kystes aux ovaires (endométriomes) 
  • L’échographie endovaginale, peut être réalisée uniquement si la jeune fille a déjà eu des rapports sexuels pour rappel. Néanmoins, les lésions peuvent être encore trop petites (débutantes, dites « superficielles ») pour être perçues par cet examen, selon l’âge de la patiente. Cela ne signifie pas qu’elles n’existent pas.  

En cas de doute, le médecin peut demander à réaliser une IRM pour affiner les données et le diagnostic. Cet examen permet notamment de voir la localisation des lésions. 

Quels sont les traitements de l’endométriose chez les adolescentes ?  

S’il est suspecté une endométriose chez une adolescente, le médecin proposera une prise d’antalgiques en période de douleurs intenses, et/ou ainsi un traitement hormonal, souvent une pilule oestroprogestative en continu, pour stopper les règles (aménorrhée). 

Le traitement hormonal a pour objectifs de réduire les douleurs, et limiter l’évolution de la maladie. Il est possible, comme tout traitement, qu’il implique des effets secondaires, notamment en début de traitement. S’ils impactent le quotidien et/ou persistent après plusieurs mois de prise, il est important de le signaler afin de réévaluer le traitement avec son médecin.  

La maladie peut se stabiliser et les symptômes diminuer sous l’influence du traitement. Certaines formes peuvent aussi évoluer et continuer d’impacter le quotidien. Une stratégie thérapeutique différente devra être envisagée avec le médecin.  

La chirurgie n’est pas proposée chez les adolescentes, et doit être retardée le plus possible, évitée si elle peut l’être. 

CONCLUSION

L’endométriose est une maladie complexe et peut d’autant l’être chez les jeunes filles qui font face à des changements physiques et psychologiques.

Les médecines dites « douces » ou « alternatives » peuvent être un complément aux traitements prescrits par le médecin, afin de mieux vivre l’endométriose au quotidien : la naturopathie, le yoga, la méditation, la sophrologie, la kinésithérapie, l‘ostéopathie etc.

Pour accompagner les adolescentes, vous pouvez retrouver plusieurs associations, dont EndoFrance, ainsi que des livres afin de mieux comprendre la maladie.  

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