La précarité menstruelle peut se définir par le fait de ne pas avoir suffisamment de moyens financiers pour pouvoir acquérir les produits d’hygiène intime nécessaires pendant notre période de règles (protections hygiéniques, médicaments pour soulager la douleur…).

Avec la crise de la COVID-19, cette précarité a augmenté, notamment chez les étudiantes, boursières ou non, devant financer leurs études et leur vie quotidienne, souvent sans l’aide d’un job étudiant en raison du grand nombre de commerces et restaurant fermés en raison des confinements et de la crise sanitaire. Près d’un tiers des étudiantes serait touché par la précarité menstruelle.

Mais les étudiantes ne sont pas les seules : d’après les chiffres du ministère des Solidarités et de la Santé, plus de 2 millions de femmes rencontreraient des difficultés, ou seraient dans l’incapacité d’acheter leurs protections hygiéniques. La précarité menstruelle est principalement due à des raisons financières.

Des études montrent que le coût moyen par cycle menstruel serait de 7,50€ pour les protections hygiéniques et les antidouleurs. Ce qui mènerait à un coût de 3800€ en moyenne sur une vie.

Qui sont les femmes touchées par la précarité menstruelle ?

La précarité menstruelle touche de nombreuses femmes issues de différents milieux.

Les femmes sans abri font partie des femmes vivant dans une très grande précarité, et dans l’impossibilité totale d’acheter des protections hygiéniques.

Les femmes incarcérées, dépendantes de la distribution de l’administration pénitentiaire, seraient parfois obligées de concevoir elles-mêmes des protections hygiéniques de fortune, à l’aide de chaussettes ou des gants de toilette (témoignages reçus à l’OIP), dus à la faible quantité de serviettes disponible dans ces établissements.

De nombreuses jeunes filles, dont les parents sont dans l’incapacité d’acheter des protections hygiéniques en raison de moyens financiers insuffisants, ne se présentent pas à l’école lorsqu’elles ont leurs règles afin d’éviter les regards honteux en cas de « fuites », et ainsi éviter de se sentir dévalorisées.

Cette situation peut nuire au parcours scolaire, à l’assiduité, et/ou entraîner un sentiment d’isolement. D’après certaines études elles seraient plus de 130 000.

Enfin, les étudiantes sont également touchées par la précarité menstruelle, et près d’une étudiante sur 10 fabriquerait elle-même ses protections hygiéniques, et 1 étudiante sur 20 utiliserait du papier toilette faute d’autres solutions.

La précarité menstruelle peut être aggravée si la patiente présente des règles abondantes (ménorragies) et longues (>5jours). Des traitements remboursés par la sécurité sociale (acide tranéxamique, pilules progestatives ou oestro-progestatives et stérilet hormonal) peuvent aider ces femmes à sortir de cette précarité.

LUNA vous aide :

LUNA vous propose de réaliser le test LunaEndoScore®, le Dispositif Médical certifié CE d’aide au diagnostic de l’endométriose, qui vous permettra de connaître votre propre risque d’endométriose en répondant à un questionnaire fondé sur une expertise médicale.

Usage prévu

LunaEndoScore® a pour objectif d’aider au dépistage de l’endométriose par le calcul d’un score de risque déterminant la probabilité d’être affectée par l’endométriose à partir des réponses des utilisatrices à un questionnaire.

Quelles sont les solutions possibles ?

Cette inquiétude face à la précarité menstruelle a poussé le gouvernement à prendre différentes mesures. Ainsi, 5 millions d’euros ont été accordés aux opérations de maraudes et aux épiceries solidaires pour permettre de fournir aux femmes les plus démunies massivement en France.

Les étudiantes ont obtenu la gratuité d’accès à des protections hygiéniques respectueuses de l’environnement. Des distributeurs ont été mis en place dans les résidences universitaires CROUS à la rentrée de septembre 2021, dans les services de santé universitaires, et dans les restaurants universitaires, pour les rendre accessibles au plus grand nombre.

Lire aussi : Règles normales ou anormales ?

Conclusion

La précarité menstruelle touche de nombreuses femmes en France et dans le monde. Des premières mesures ont été mise en place pour tenter de réduire cette inégalité d’accès aux protections hygiéniques, au et au bien-être menstruel.


Co-écrit et validé scientifiquement par Dr Jean-Philippe Estrade

Chirurgien gynécologue et obstétrique, expert en endométriose à l’Hôpital Privé Clairval et la Clinique Bouchard, à Marseille.

 


Pour en savoir plus :

Journée mondiale de l’hygiène menstruelle

https://www.egalite-femmes-hommes.gouv.fr/brisons-le-tabou-des-regles-et-de-la-precarite-menstruelle/