L’endomètre est la muqueuse interne de l’utérus où est accueilli un œuf fécondé lors d’une grossesse. Dans le cas où il n’y a pas de fécondation, la couche fonctionnelle de l’endomètre est éliminée provoquant l’apparition des règles. LUNA te propose de découvrir les mystères de cette muqueuse dont on entend tant parler, sans vraiment la connaître🙂. 

Composition de l’endomètre 

Le tissu de l’endomètre se regénère constamment et, est dit hypervascularisé : c’est-à-dire qu’il est composé de nombreux vaisseaux sanguins et glandes, se formant et se détruisant à chaque cycle. 

L’endomètre est composé de deux couches :  

  • La couche fonctionnelle (celle du dessus) : s’épaissit tous les mois et abrite l’ovocyte, en l’absence de fécondation, elle se désagrège provoquant l’arrivée des règles. 
  • La couche basale (au-dessous) : composée de vaisseaux sanguins et de cellules souches générant la couche fonctionnelle.  

Vie de l’endomètre 

L’endomètre subit d’importants changements tout au long de la vie, et selon son imprégnation hormonale. Il est par ailleurs inactif avant l’adolescence et l’arrivée des premières règles, puis après la ménopause, car ce dernier n’est pas ou peu sensibilisé, impacté par les hormones sexuelles.  

A l’inverse, en période génitale active (en plus simple, en âge de procréer et en période de vie sexuelle active), l’endomètre se développe pendant 28 jours* sous influence des hormones, précisément de l’œstrogène secrété par les ovaires :  

  1. Pendant la première semaine du cycle, l’endomètre s’épaissit sous l’influence des œstrogènes afin de pouvoir accueillir un ovule fécondé. Avant l’ovulation, l’endomètre atteint les 10 mm.
  2. Après l’ovulation, la progestérone provoque l’épaississement de l’endomètre et atteint son épaisseur maximale (jusqu’à 16 mm, sauf cas particuliers).

Dans le cas où il n’y a pas fécondation, le taux de progestérone diminue provoquant l’ouverture des néovaisseaux.  La partie supérieure de l’endomètre se détache alors des parois de l’utérus : ce sont les règles.   

Dans le cas où il y a fécondation, l’endomètre conserve son épaisseur afin de pouvoir accueillir l’embryon, et qu’il puisse s’implanter correctement. L’endomètre prendra une structure plus spécialisée (endomètre décidual) et deviendra le placenta lors de la gestation.   

Il arrive que l’endomètre reste épais après les menstruations ou soit excessivement dense, cela peut être causé par une pathologie. Dans le cas d’une grossesse, si l’endomètre s’épaissit de façon anormale, cet événement peut être dû à un problème obstétrique tel que la présence de caillots sanguins dans l’utérus chez les femmes ayant déjà eu des GEU (grossesse extra-utérine), ou une grossesse molaire (embryon non viable et développement anormal du placenta).  

*28 jours correspondant à la durée du cycle menstruel normalement utilisée dans la théorie, votre durée de cycle peut être différente.  

lire aussi : qu'est-ce que le cycle menstruel ?

Quelle est l'épaisseur “normale” de l’endomètre ?  

L’épaisseur de l’endomètre varie durant le cycle menstruel, chez chaque femme : 

  1. J-1 J-5 Pendant la période de règles, l’épaisseur de l’endomètre se situe entre 2 et 4 mm 
  2. Pendant la phase proliférative, reconstruction de l’endométriose (phase folliculaire) entre 5 et 7 mm 
  3. J-10 J-14 Pendant la phase pré-ovulatoire, l’épaisseur de l’endomètre augmente jusqu’à 16mm
  4. Pendant la phase lutéale :
  • J-15 à J-16 deuxième parti du cycle menstruel où l’endomètre ne n’épaissit pas grâce à la sécrétion de la progestérone du corps jaune.
  • J17 à J28 : l’endomètre peut s’épaissir jusqu’à 22mm et reste épais. Si la fécondation ne se fait pas, l’endomètre se détruit et débutera le premier jour des règles. 

Quelles sont les causes d’un endomètre trop épais ?  

L’épaississement de l’endomètre de façon anormale est aussi appelée hyperplasie endométriale. Elle se définit par une croissance excessive des cellules de l’endomètre.  

Plusieurs raisons peuvent expliquer un endomètre très ou trop épais chez une femme non enceinte : 

  • Mécanisme naturel après l’ovulation afin d’accueillir l’embryon, comme expliqué précédemment 
  • Déséquilibre hormonal (entre la progestérone et l’œstrogène, pouvant être lié à l’obésité, ou à une pathologie comme le SOPK et/ou diabète) 
  • Prise d’un traitement hormonal à base d’œstrogène  
  • Des polypes (croissance non cancéreuse se développant à l’intérieur de l’utérus) 
  • Une grossesse extra-utérine  
  • Un signe d’un cancer de l’utérus, diagnostiqué majoritairement à la ménopause car les causes sont souvent confondues avec d’autres pathologies. 
Lire aussi : regles normales ou anormales ?

Quels sont les symptômes d’un épaississement trop important de l’endomètre  

Lorsque l’endomètre s’épaissit de façon anormale, les premiers signes sont des saignements, autant chez la femme ménopausée que non ménopausée.  

Chez la femme non ménopausée, les règles peuvent être plus abondantes, et avoir une plus longue durée. Ces symptômes sont souvent accompagnés de douleurs pelviennes.   

Le cycle menstruel peut être également perturbé, c’est-à-dire qu’il peut être court (inférieur à 21 jours) ou long (supérieur à 38 jours).  

Dans les cas où vous présentez des symptômes similaires, il est important de consulter un médecin afin de vérifier si cela n’est pas lié à une pathologie.  

LUNA vous aide :

La fonctionnalité Pilulier de LUNA vous permet d’enregistrer vos prescriptions de médicaments (traitements hormonaux, antalgiques, autres…) et de programmer des notifications à l’heure où vous souhaitez effectuer la prise de celui-ci. LUNA enregistre ces informations afin de vous permettre de suivre l’évolution de votre qualité de vie, et de vos douleurs, liée à vos traitements en temps réel, et aussi… de ne plus jamais oublier de prendre votre traitement 😊

Comment traiter un endomètre trop épais ? 

Le traitement de l’endomètre épais va varier selon la cause de l’hyperplasie. Le médecin va alors poser un diagnostic sur le type d’hyperplasie. Il en existe deux types :  

  • L’hyperplasie sans atypie, qui est souvent bénigne et guérit de manière spontanée 
  • L’hyperplasie atypique, qu’il faut traiter car considérée comme pouvant être un état précancéreux 

Il peut suffire d’un traitement à base de progestatif pour rétablir l’épaississement de l’endomètre. La chirurgie peut être envisageable dans le cas de risque de cancer. Si la personne est ménopausée, il est possible de procéder à une ablation de l’utérus ou une hystérectomie 

Quelles sont les causes d’un endomètre trop fin ?  

La cause la plus courante de l’amincissement de l’endomètre est la ménopause, car la muqueuse utérine ne se développe plus.  

D’autres raisons existent néanmoins, telles que :  

  • La prise d’une pilule contraceptive depuis plusieurs années 
  • Un faible taux d’œstrogène, nécessaire pour l’épaississement de l’endomètre 
  • Une diminution du flux sanguin vers l’utérus, pouvant être dû à un mode de vie sédentaire, à un utérus rétroversé ou encore la présence de fibromes ou de polypes rétrécissant les vaisseaux sanguins et ralentissant en conséquence le flux. 
  • L’endomètre peut aussi être impacté par des infections bactériennes, des maladies sexuellement transmissibles (IST) ou bien des maladies inflammatoires pelviennes. Un dépistage régulier est nécessaire.  

Quels sont les symptômes ressentis lorsqu’un endomètre est très/trop fin ?  

Souvent, les femmes ayant un endomètre fin ne présentent pas de symptômes. Cependant, il existe des cas de figure dans lesquels certaines femmes peuvent rencontrer :

  • Des problèmes de fertilité, car l’embryon ne peut pas bien s’implanter contrairement à un endomètre en bonne santé, d’épaisseur normale. 
  • Des cycles menstruels perturbés : des douleurs, des cycles irréguliers et courts avec un flux léger, qui s’explique par l’insuffisance de tissu endométrial qui doit être normalement évacué. 

Est-il possible de tomber enceinte avec un endomètre fin ? 

Comme évoqué précédemment, il est plus compliqué de tomber enceinte lorsque l’endomètre est fin, et les fausses couches sont plus probables.  

Votre gynécologue peut vous prescrire un traitement à base d’œstrogène et de progestérone afin de stimuler la croissance endométriale. 

Quelles sont les maladies de l’endomètre ?  

Il existe plusieurs maladies de l’endomètre telles que :  

  1. L’endométrite : infection de l’utérus pouvant être causée par :  
  • Des infections sexuellement transmissibles (IST) 
  • Une perturbation de la flore vaginale 
  • Un accouchement ou avortement pouvant laisser des débris placentaires 
  • En réaction à une pose d’un stérilet ne vous convenant pas, ou mal positionné 
  • La tuberculose 

2) L’endométriose 

3) Les polypes d’endomètre, qui sont des situations de prolifération du tissu endométrial. Ils sont généralement bénins et ne provoquent pas de symptômes. Les causes des polypes peuvent être une augmentation inhabituelle du taux d’œstrogène, une IVG ayant causé un dommage à l’utérus (retrait incomplet du placenta), des fausses couches à répétition, des avortements fréquents, un accouchement compliqué, une obésité, une maladie inflammatoire… 

4) Une hyperplasie endométriale, qui se définit comme un épaississement anormal de l’endomètre se présentant souvent chez les femmes ménopausées. Elle augmente les risques de cancer de l’endomètre et de cancer de l’utérus. Les principaux symptômes sont une perturbation des cycles menstruels et des règles très abondantes. La principale cause est un dérèglement hormonal dû à un taux d’œstrogène trop élevé, et un taux de progestérone trop bas.   

5) Le cancer de l’endomètre : cancer se développant en majorité chez les femmes ménopausées, avec des facteurs à risque comme l’obésité, le diabète ou encore la prise d’un traitement par tamoxifène (anti-œstrogène prescrit chez les femmes atteintes d’un cancer du sein).  

En France, le cancer de l’endomètre est le cancer gynécologique le plus fréquent chez la femme ménopausée. Il n’existe pas de dépistage du cancer de l’endomètre, contrairement au cancer du col de l’utérus.  

CONCLUSION :  

L’endomètre peut connaître des modifications, un sous-développement ou sur-développement à certaines périodes de votre vie, qui peut vous impacter, mais peut être tout à fait bénin. Le mécanisme de l’endomètre et du cycle menstruel et unique, de ce fait, il peut être capricieux et vous causer des désagréments, de façon normale si momentanée, ou en lien avec un disfonctionnement/déséquilibre hormonal qu’il n’est pas rare de rencontrer, ou encore une pathologie dans certains autres cas.  

L’important est d’observer et de ressentir ces changements, et consulter un médecin, gynécologue ou sage-femme dans le cas où des symptômes y sont associés. Votre médecin procédera alors un examen clinique et/ou une échographie endovaginale (sauf si vous êtes vierge, l’échographie pelvienne externe sera alors pratiquée) afin de pouvoir poser un diagnostic.